Au début de XXeme siècle chaque mouvement d'avant-garde est né de l'inquiétude d'un groupe d'artistes exprimant une serie d'intentions recuillies dans un manifeste. Normalement, ils en avaient MARRE de leur état et détaillaient leurs philos et phobias, exprimant ainsi leur idéalogie.
Aujourd'hui, après un siècle, à l'époque du prétendu triomphe de l’ Avant-garde, les mouvements artistiques ne sont que des affaires de commissaires qui parcourent les galeries et centres d'études en cherchant des "artistes émergents" qui illustrent l'idée des commissaires de ce que doit ou ne doit pas être nouveauté. Les artistes ne sont plus pris en compte. Nous sommes passes d'êtres qui protestaient et révolutionnaient le monde à n'être plus que les spectateurs du festin d'autrui.

Il y a quelques années que les mouvements artistiques de l'art officiel ne naissent plus de l'inquiétude des artistes. Et il y a quelques années que les manifestes artistiques sont considerés anachroniques. Mais aujourd'hui, plus que jamais, les artistes avons besoin d'élever nos voix et, pourquoi pas?, publier des manifestes.

Nous en avons MARRE, comme autrefois nos arrière-grands-parents, de cette situation absurde et injuste qui est considérée comme normale dans le monde de l'art. Nous en avons marre de voir comment la peinture, le dessin et la sculpture, qui pourtant vivent un moment magnifique, sont ignorés des salons officiels d'aujourd'hui, comme s'ils n’existaient pas, comme s'ils etaient morts. Nous en avons marre de voir comment l'attention médiatique et l'argent public sont collectés par une sorte d'art et d'artistes qui ne representent qu’une infime minorité et qui ne reflettent pas la realité de notre profession. Nous en avons marre de l'art devenu spectacle de foire pour millionnaires. Nous en avons marre de l'élitisme et l'hypocrisie. Nous en avons marre de l'art officiel.

C'est pour cela que nous fondons aujourd'hui notre mouvement artistique Martisme. Et comme autrefois les (M)artistes, nous voulons nous présenter avec ce Manifeste.

 

 

MANIFESTE MARTISTE
Contre l'anti-art, le conceptualisme, l'imposture et le culte à l'artiste égocentrique.
L'art appartient à tout le monde.

  1. Nous en avons marre de l'art officiel. Cette sorte d'art-là, ses artistes et leur environnement sont devenus si prétentieux et vaniteux qu’ils croient vivre au-dessus du monde en se regardant le nombril et en disputant sur le sexe des anges. Pourtant en bas, les martistes travaillons avec nos mains dans et pour le monde réel, où l'art est notre travail de tout les jours et le moyen pour nous de gagner notre vie. Le Martisme est un engagement pour l'humilité, l'honnêteté et la simplicité. Pour les martistes, l'art est une profession parmi d'autres, ni divine ni spéciale, où on arrive a l'excellence qu’en persévérant d'année en année.
  2. Nous en avons marre de l'élitisme et de l’art qui n’est devenue que pour quelques privilégiés. Nous voulons que l'art soit restitue au public, qu'il sorte de sa prison et qu'il imprègne à nouveau notre vie quotidienne, en embellissant corniches, lampadaires, panonceaux... Nous rejetons les galeries et musées élitistes de l'art officiel où personne n’entre; salles vides et immaculées comme les temples d'un dieu inaccessible. Nous voulons des salles accueillantes avec des sièges confortables pour voir les tableaux de près en parlant tranquillement et en prenant un café.
  3. Nous en avons marre de n’ecouter que l'opinion des gouroux et des experts. Le Martisme encourage tout le monde à donner son opinion sincère et librement sur l’art et spécialement sur l'art actuel. Parce que l'art appartient à tout le monde, et aussi à ceux qui, comme nous, le paie avec leurs impôts. La plupart des personnes rient avec confiance des farfelus montages que le Pouvoir nous présente comme art. Pourquoi n'en rire qu'en privé? Rions ouvertement de l'art officiel, des choses prétentieuses, ridicules et creuses que les prétentieux, ridicules et creux esprits des commisaires, artistes et politiciens nous présentent comme Art avec une majuscule.
  4. Nous en avons marre d'entendre à plusieurs reprises la déclaration égoïste qui affirme que l'art est mort, que la peinture est morte. La vérité est que la peinture en encore vivante malgré toutes les difficultes et mépris. Les manifestations "modernes" de l'art officiel sont celles qui ont constament besoin d'injections d'argent publique pour survivre. Les Martistes en avons marre de voir comment l'argent publique est donné pour financer des activités extravagantes et propres à spectacles de foire, qui sont payées par la population bien que la plupart en a honte ou ne les aime pas. Ces activités et attitudes sont en train de discréditer l'art actuel et les artistes qui voulons pratiquer notre profession sérieusement.
  5. Nous en avons marre de l'anti-art. À partir d'une idée cocasse de Duchamp dans un moment donné de l'histoire, l'anti-art est devenu le nouvel académisme, le nouvel art officiel. Il s'agit justement de l'énnemi contre lequel le terme fût inventé. Duchamp même rejetait l’idée que ses Ready-Made puissent etre considérés comme art... nous préférons croire Duchamp que ses éxégetes. Nous n'aurions rien contre l'anti-art si ce n'était pas pour un petit détail, l'anti-art ne veut pas cohabiter avec l'art, son but est la négation de l'art et il a besoin de l'exterminer pour prendre sa place. Les anti-artistes savent que s'il y a de l'art près de l'anti-art personne ne prête attention à ce dernier. C'est pour cela que les anti-artistes ont besoin à tout prix de nous convaincre que la peinture ne vaut rien, qu'il faut la mépriser, l'exterminer ou, au moins, la mettre dans un coin et l’oublié pour pouvoir apprécier ce qu'ils "font" comme s'il s'agissait d’art. C'est pour cela qu'ils dépensent autant d'encre et de salive en discours. Ils ont des longs et compliqués discours sur beaucoup de sujets: sur la mort, sur l'art, sur combien la peinture est déphasée, sur combien la beauté a été surpassée... Un siècle après sa première parution, l'anti-art a monopolisé l'attention médiatique, il a envahi les écoles et il détourne vers lui la plupart de l'argent publique investi dans les arts. Peu à peu, il est en train de reussir son objectif: mettre l'art dans un coin, le supplanter sous toutes ses facettes: artistes, oeuvres, salles, critiques... il y a pour chaque version anti-artistique un équivalent artistique qui la remplace. Les Martistes en avons marre de ce crime toléré et même encouragé par des organismes officiels et nous denonçons cette supplantation parasitaire. Le Martisme est un mouvement anti-anti-art. Il est impossible de cohabiter harmonieusement avec le cancer agressif qui nous dévore de l'intérieur. Il est nécessaire de lutter contre lui, le trouver, l'isoler et l'extirper pour qu'il n'avance ni ne parvienne à nour tuer. Cependant, le Martisme, comme preuve de notre bonne volonté, est ouvert à recevoir les anti-artistes qui voudraient se recycler, en apprenant des techniques et en essayant d'être sincères pour la premiere fois de leur vie.
  6. Nous en avons marre du conceptualisme. Tout le monde a des milliers d'idées chaque jour, dont beaucoup sont géniales. Rien de plus ordinaire qu'avoir des idées précieuses par elles-mêmes. Les artistes se distinguent par leur capacité à profiter des idées pour créer des oeuvres. L'idée est un prétexte pour arriver à l'oeuvre, non le contraire.
  7. Nous en avons MARRE de voir comment n'importe quelle chose est présentée comme art. Si nous avons besoin qu'on nous explique une ingénieuse histoire pour pouvoir comprendre et considérer comme art une chose exposée dans une galerie, cette chose n'est pas de l'art mais on s'est payé notre tête. Une boîte pleine de caca n'est qu'une boîte pleine de caca, malgré toute la philosophie dont on l’entoure.
    Nous rejetons aussi énergiquement l'idée que le procédé est plus précieux que l'oeuvre, que la valeur ¨performatique¨ constitue le fait artistique. Il est évident que chaque art a un procédé et même un rite. Même le propriétaire d'une brasserie qui, s’ennuyant, cuisine une omelette espagnole, va suivre un procédé suprenant et non exempt de rituel. Mais le procédé, le rite, n’ont de sens seulement parce qu'on s'arrive à un résultat final. Personne ne mange le palpitant procédé de préparation d'une omelette espagnole, mais l'omelette.
  8. Nous en avons marre de voir comment l'originalité, la nouvauté ou ¨modernité¨ soient utilisées comme modèle pour mesurer la valeur des oeuvres d'art et des artistes. Ces concepts sont compris d'une façon perverse et profondement stupide, comme des valeurs absolus alors qu’ils dépendent totalement de la culture, ou plutôt, inculture de ceux qui les observent. Mais malgré cette obsession pour la nouveauté, paradoxalement, l'art officiel est en train d'arriver, de la même facon que la mode, à une réitération grotesque des formes, des manières et des idées qui sont une insulte à l'intelligence. Parce que l'art d'avant-garde est comme une langue morte. Cet art est constamment inventé selon des règles qui n'ont plus l'impulsion vitale de ceux qui l’ont créé. Une avant-garde de laboratoire, fait par des experts à l’image de celle qui est conservée disséquée dans les livres et les musées. Les grands gourous de l'art officiel n'octroient le certificat de nouveau, effronté, transgresseur ou ¨rupturiste¨ qu’à celui qui suit une vieille formule, vérifiée trente-six fois, qui respecte les canons de ce que doit être l’avant-garde, sans s'éloigner de la règle orthodoxe.
  9. Nous en avons marre de l'importante qu'on accorde aux styles, aux ismes. Peindre est un acte personnel et chaque personne est unique. Les etiquettes ne sont qu'un facon de ranger la connaissance que l'Histoire de l'art construit, et cela devrait peu importer les artistes. Nous croyons que l'important n'est pas de peindre un style ou un autre mais le faire “avec du style¨, c'est à dire, bien.
  10. Nous en avons marre d'accepter que ceux qui n'utilisent pas leurs mains se dénomment artistes eux-mêmes. Pour être artiste, il faut peindre, sculpter, dessiner... y penser n'est pas suffisant. Nous sommes fatigués des gonflés qui se la coulent douce et deviennent artistes par la grâce de Dieu ou par la grâce du gourou à la mode. L'art appartient à ceux qui le travaille.
  11. Nous en avons marre du transcendantalisme. Les Martistes peignons parce que peindre est important. Peindre n'a pas besoin de profondes justifications ni d'excuses. Il est une nécessité et un plaisir. Rien qu'en peignant et en dessinant de jour en jour nous faisons des artistes. Nous encourageons ceux qui ont des doutes sur ce sujet à faire une autre profession, il y a une demande très élevée parmi les politiciens et les vendeurs.
  12. Nous en avons marre du mépris pour la tradition. Parce que l'être humain construit toujours à partir de ce qui est connu. Rejeter la tradition artistique signifie rejeter la possibilité d'innovation ainsi que toute référence et tout support.
    Notre mouvement n'est pas une avant-garde mais il n'est pas non plus une contre-avant-garde. Il y a des decades et les progrès fournis par les avant-gardes historiques ont déjà été intégrés dans la tradiction picturale et par les artistes de talent.
    Cette tradition enrichie par les apports avant-gardistes, sont la base de notre culture artistique commune et de notre patrimoine technique actuel.
  13. Nous en avons marre de la vision tendancieuse qu'on se donne de l'histoire de l'art du XXème et XXIème siècle. Il est nécessaire, pour le bien de l'art et pour la dignité de la profession d'historien de l'art, d’effectuer une révision critique et profonde des postulats sur lequels le rappot historique se repose. Nous croyons que la Critique de l'Art avec ses théories voyantes mais égoïstes, ont réussi à soumetttre non seulement les artistes mais aussi l'Historie de l'Art elle même. On continue de surestimer l'importance des avant-gardes du XXème siècle, en minimisant le fait qu'elles sont déjà épuisées et mortes, qu’elles sont ressuscitées et conservées vivantes artificiellement. L'évidence est troublante, il faut seulement que les historiens fassent le travail qui n'est pas terminé, en enregistrant beaucoup de maîtres remarquables qui ont travaillé et influé sur des générations succesives de peintres jusqu'à aujourd'hui, sans s'être affilié à une avant-garde concrète.
    L'historiographie officielle, qui présente l'art du XXème siècle comme une série vertigineuse de mouvements d'avant-garde de plus en plus extrême, est forcée et artificielle. Elle est basée sur une idéologie (l'avant-garde) et non pas sur la narration objetive des faits. Il y a tellement d'artistes "hors de leur époque" que tout ce modèle théorique ne se soutient pas: Ben Shahn, Hopper, Balthus, Guttuso, Hockney, Freud, Kitaj... sont des personnages très influents mais, bien loin de là, ils ne se cadrent pas dans une histoire racontée comme une permanente série d'avant-gardes de plus en plus radicales.
  14. Nous en avons marre de voir comment la beauté est méprisée et extirpée de tout les discours faussement artistique. Pour le Martisme la beauté est le but de l'art. Nous rejetons la pauvreté formelle de l'art officiel, et l'esthétisme inverse qui fait du ringard et de la laideur infinie son aspiration plus grande. Cela ne signifie pas que notre art est basée sur de vieux esthétismes périmés, niais, cuculs. Les sujets durs et désagréables peuvent prendre place dans l'art Martiste. Ce que les martistes considérons le plus important dans la recherche de la beauté est la préocupation pour atteindre une forme harmonique et bien construite.
  15. Nous en avons marre du rôle attribué a l'artiste d'aujourd'hui. La pompeuse et vaine gloire, les prix, les biennales, les catalogues et la flatterie constituent l'objetif vital de l'artiste oficiel. Des gens sans vocation, sans métier, avec une vie consacrée aux actes sociaux, loin du plaisir de dessiner, du mystère de la peinture, de la découverte de nouveaux mondes intérieurs. En définitive, loin de l'odeur et du contact avec les materiaux de l'atelier. Au contraire, le succès pour un martiste est pouvoir se lever chaque matin et peindre.
  16. Nous en avons marre du système actuel d'enseignement dans beaucoup d’écoles d'art officiels. L'apprenti artiste a plus besoin de pratique que de théorie, mais nos jeunes ont la tête remplie de baratin creux et inutile, en négligeant sans le vouloir, ou exprès, l'enseignement technique et la pratique étendue qui leur permettraient de développer leurs habiletés. Nous ne comprenons pas que ce droit soit dénié aux étudiants . Nous revendiquons la valeur du dessin et en particulier le dessin de la nature et de l’anatomie comme base des arts visuels.
  17. Nous en avons marre de la fascination pour les nouvelles technologies. Les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques, les technologies informatiques ou audiovisuelles ne nous troublent ni nous éblouissent, ils sont simplement une partie de la réalité et de nos ressources actuelles, et nous les utilisons comme un autre outil. À plus d'un siècle du premier film, à plus de 40 ans du premier ordinateur, il est grand temps d’arrêter de baver pour découvrir que la vidéo et l'informatique existent. Nous en avons marre de la sotte fascination pour le moyen ou la technique utilisée, qui aveugle le sens critique de tout le monde en nous faisant souffrir des horreurs infumables au nom de la prétendue nouveauté ou ingéniosité du moyen utilisé.
  18. Nous en avons marre de voir comment la peinture est le fourre-tout où mettre n'importe quoi. Continuellement on nous présente comme art plastique ce qui en réalité sont des scénographies, pièces de théatre, photographies, cinéma... pourvu que leur qualité soit pauvre ou nulle, puisque si elles sont de bonne qualité, logiquement, ces arts vont les reconnaitre. Avec l'excuse "d'ouvrir les frontières", nous avons perdu du terrain et même le nom: combien de concours et de salons de peinture ont été gagné par des installations, performances, photos ou vidéos? Récupérons les lieux et les usages pour la peinture.
  19. Nous en avons marre de l'abus des "nouvelles propositions". La naissance de véritables nouveaux arts sera toujours bienvenu, mais il n'y a pas de raison objetive pour multiplier les catégories, en créant de nouveaux arts comme par exemple "performance", "installation" ou "vidéo art": des êtres confus qui ne se sont pas émancipés complétement des arts plastiques traditionnels. Quand quelque chose de nouveau est arrivé- comme la bande dessinée ou le cinéma au siècle dernier- il s'ouvre un passage par lui-même, avec une force irrésistible, sans devoir son existence à une indéfinition nébuleuse. La plupart de ces prétendues nouveaux arts sont des moyens pour cacher l'incapacité de créer un bon théatre, une bonne scénographie, un bon cinéma, en définitif, une bonne peinture.
  20. Nous en avons marre d’écouter que nous sommes une minorité. Bien que les fondateurs du Martisme sont galiciens, Le Martisme est une tendance à vocation universelle. Nous ne sommes pas quatre fous isolés au nord-ouest de l’Espagne contre la tendance générale, en fait, la plupart des gens pensent comme nous.
    Notre mouvement est affilié au Mouvement Stuckist (www.stuckism.com) qui répond à l'art officiel depuis 1999 et qui aujourd'hui est présent dans 40 pays avec plus de 180 sièges dans le monde. Le Martisme inclut tous les arts et toutes les branches de la culture malgré qu’il a commencé comme la révolte de quelques peintres.
     
    Le Martisme est un point de départ mais aussi un but. Nous voulons le retour à la normale, à la sincérité et à la simplicité de notre profession. Nous voulons que peindre ne soit que peindre, sans extravagantes tenues qui déguisent l'art en ce qu'il n'est pas.

    Nous aspirons à être le garçon du conte "Les habits neufs de l'empereur" en disant à la société ce que tout le monde pense mais que personne n'ose à dire.

 

Vous pouvez télécharger le manifeste d'ici: Manifeste Martiste

demandez plus d'information à: info(a)hartismo.com



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Dans cette page vous pouvez lire le Manifeste Martiste en francais

Manifiesto Hartista en Castellano (original)

Nous sommes en train de préparer les versions en autres langues:
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